Mon Bureau FormalitésMon Bureau Formalités
Fiches pratiques/Créer une entreprise/Capital social : montant minimum, dépôt et libération en 2026
12 min de lecture

Capital social : montant minimum, dépôt et libération en 2026

Tout savoir sur le capital social : montant minimum légal (1 €), recommandations pratiques, dépôt en banque, libération partielle et augmentation de capital.

capital social dépôt de capital libération capital augmentation de capital apports 2026

Le capital social représente les apports effectués par les associés ou l'associé unique lors de la création de la société. Il constitue le patrimoine initial de l'entreprise et figure obligatoirement dans les statuts. En France, le capital minimum légal est de 1 € pour les SAS, SASU, SARL et EURL, mais le montant choisi a des conséquences importantes sur la crédibilité, la fiscalité et la capacité d'emprunt de la société.

Sommaire

  • Qu'est-ce que le capital social ?
  • Montant minimum par forme juridique
  • Quel montant choisir en pratique ?
  • Impact du capital sur les dividendes (SARL/EURL)
  • Types d'apports au capital
  • Dépôt du capital : où et comment ?
  • Libération du capital : règles et délais
  • Simulation chiffrée : impact du capital sur la fiscalité
  • Augmentation de capital
  • Erreurs fréquentes à éviter
  • Checklist dépôt de capital
  • FAQ
  • Qu'est-ce que le capital social ?

    Le capital social est la somme des apports réalisés par les associés en échange de titres (actions en SAS/SASU, parts sociales en SARL/EURL/SCI). Il remplit plusieurs fonctions :

  • Financement initial : il dote la société de ses premières ressources
  • Gage des créanciers : il constitue la garantie minimale pour les tiers
  • Clé de répartition : il détermine les droits de vote et la part de chaque associé dans les bénéfices
  • Signal de crédibilité : un capital suffisant rassure les banques, les fournisseurs et les clients
  • Seuil fiscal (SARL/EURL) : il conditionne le traitement des dividendes du gérant majoritaire
  • Le capital social est fixe (montant déterminé dans les statuts) ou variable (avec un plancher et un plafond, permettant des entrées/sorties sans modifier les statuts).

    Montant minimum par forme juridique

    Forme juridiqueCapital minimum légalLibération minimaleRecommandation pratique
    SAS / SASU1 €50 % à la création500 à 10 000 €
    SARL / EURL1 €20 % à la création1 000 à 20 000 €
    SCI1 €LibreEn rapport avec la valeur du bien
    SA37 000 €50 % à la créationRéservée aux grandes entreprises
    Micro-entreprisePas de capital

    Pourquoi le capital minimum de 1 € est trompeur

    Bien que la loi autorise un capital de 1 €, ce choix présente des inconvénients majeurs :

  • Crédibilité nulle auprès des banques (refus de prêt quasi systématique)
  • Dividendes SARL/EURL : seuil de 10 % du capital extrêmement bas, entraînant des cotisations SSI sur la quasi-totalité des dividendes
  • Signal négatif pour les fournisseurs et les clients qui consultent les comptes au greffe
  • Insuffisance de trésorerie dès le premier achat ou la première charge
  • Taux réduit IS : nécessite un capital intégralement libéré
  • Quel montant choisir en pratique ?

    Recommandations par type d'activité

    ActivitéCapital recommandéJustification
    Services / conseil / freelance500 à 2 000 €Peu d'investissements, frais de démarrage limités
    E-commerce / négoce2 000 à 10 000 €Stock initial, outils, fonds de roulement
    Restaurant / commerce physique5 000 à 20 000 €Aménagement, licence, stock
    Industrie / BTP10 000 € et plusÉquipements, matériel, garanties
    SCI immobilièreEn rapport avec le bienCrédibilité bancaire, cohérence patrimoniale
    SARL/EURL avec dividendes10 000 à 50 000 €Optimiser le seuil des 10 % SSI

    SCI immobilière : un cas particulier

    Le capital doit être en rapport avec la valeur du bien détenu. Un capital de 100 € pour un bien de 200 000 € est incohérent et peut être contesté par l'administration fiscale. Deux approches :

  • Apport en numéraire : les associés versent de l'argent au capital
  • Apport en nature : le bien immobilier est apporté directement au capital de la SCI (nécessite une évaluation et, selon les cas, l'intervention d'un commissaire aux apports)
  • Impact du capital sur les dividendes (SARL/EURL)

    En SARL/EURL, les dividendes du gérant majoritaire sont soumis aux **cotisations SSI au-delà de 10 % du capital** (+ primes d'émission + compte courant d'associé). Ce seuil est crucial :

    Capital socialSeuil 10 % (flat tax)Dividendes 20 000 € : cotisations SSI
    1 000 €100 €~8 955 € (sur 19 900 €)
    5 000 €500 €~8 775 € (sur 19 500 €)
    10 000 €1 000 €~8 550 € (sur 19 000 €)
    50 000 €5 000 €~6 750 € (sur 15 000 €)
    100 000 €10 000 €~4 500 € (sur 10 000 €)
    200 000 €20 000 €0 € (tout sous le seuil)

    > Bon à savoir : en augmentant le capital de 5 000 € à 200 000 €, le gérant économise potentiellement 8 775 €/an de cotisations SSI sur 20 000 € de dividendes. Le capital est un levier d'optimisation puissant en SARL/EURL. En SAS/SASU, le montant du capital n'a aucun impact sur les dividendes (flat tax 30 % dans tous les cas).

    Types d'apports au capital

    Apports en numéraire

    Ce sont des apports en argent. Ils constituent la forme la plus courante. Les fonds sont déposés sur un compte bloqué et libérés après l'immatriculation.

    Apports en nature

    Ce sont des apports de biens (matériel, véhicule, brevet, fonds de commerce, immeuble). Ils doivent être évalués :

  • Pour les SAS/SASU : un commissaire aux apports est obligatoire si un apport dépasse 30 000 € ou si la valeur totale des apports en nature dépasse la moitié du capital
  • Pour les SARL/EURL : mêmes seuils, mais les associés peuvent décider à l'unanimité de ne pas nommer de commissaire aux apports si aucun apport ne dépasse 30 000 € et si le total ne dépasse pas la moitié du capital
  • Apports en industrie

    Ce sont des apports de savoir-faire, compétences ou travail. Ils donnent droit à des parts ou actions mais ne concourent pas à la formation du capital social. L'apporteur en industrie a des droits aux bénéfices mais son apport n'est pas inscrit au capital.

    Type d'apportIntégré au capitalExempleCommissaire aux apports
    NuméraireOuiVirement de 5 000 €Non
    Nature (< 30 000 €)OuiApport d'un véhiculeNon (accord unanime)
    Nature (> 30 000 €)OuiApport d'un immeubleObligatoire
    IndustrieNonExpertise techniqueNon

    Dépôt du capital : où et comment ?

    Les dépositaires autorisés

    Le capital en numéraire doit être déposé avant la signature des statuts définitifs auprès de :

    DépositaireDélai attestationCoûtAvantage
    Néobanque (Qonto, Shine, etc.)24-72 h0 €Rapide, 100 % en ligne
    Banque traditionnelle3-7 jours0-100 €Relation bancaire durable
    Notaire2-5 jours150-300 €Obligatoire si acte notarié
    Caisse des dépôts5-10 jours0 €Rarement utilisé

    Procédure de dépôt

    1.Ouvrir un compte de dépôt au nom de la « société en formation »
    2.Verser les fonds par virement ou chèque
    3.Fournir un projet de statuts et les pièces d'identité des associés
    4.Recevoir l'attestation de dépôt des fonds (document indispensable pour l'immatriculation)

    Blocage des fonds

    Les fonds sont bloqués sur le compte jusqu'à la présentation du Kbis (extrait d'immatriculation). Le délai de blocage est généralement de 1 à 3 semaines selon la rapidité du greffe. Une fois le Kbis présenté, les fonds sont transférés sur le compte courant professionnel de la société.

    Libération du capital : règles et délais

    La libération du capital désigne le versement effectif des fonds promis par les associés. Elle peut être partielle à la création :

    Règles de libération par forme

    FormeLibération minimale à la créationSolde à libérerImpact fiscal
    SAS / SASU50 % du capital souscritDans les 5 ansPas de taux réduit IS tant que non libéré
    SARL / EURL20 % du capital souscritDans les 5 ansPas de taux réduit IS tant que non libéré
    SCIPas de règle légaleSelon les statuts
    SA50 % du capital souscritDans les 5 ansPas de taux réduit IS tant que non libéré

    Conséquence fiscale majeure de la non-libération

    Tant que le capital n'est pas intégralement libéré, la société ne peut pas bénéficier du taux réduit d'IS à 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice. C'est un point souvent négligé par les créateurs qui choisissent un capital élevé sans libérer la totalité immédiatement.

    Calcul de l'impact : sur 42 500 € de bénéfice, la différence entre le taux réduit (15 %) et le taux normal (25 %) représente 4 250 € d'impôt supplémentaire par an.

    > Bon à savoir : si votre capital est modeste (< 5 000 €), libérez 100 % immédiatement pour bénéficier du taux réduit d'IS dès le premier exercice. Si votre capital est élevé, prévoyez un calendrier de libération et soyez conscient de l'impact fiscal.

    Simulation chiffrée : impact du capital sur la fiscalité

    Cas : SARL, bénéfice 50 000 €, dividendes 20 000 €, gérant majoritaire

    CapitalIS (taux)Dividendes : flat taxDividendes : SSICoût fiscal total
    1 000 € (non libéré)12 500 € (25 % plein)30 €8 955 €21 485 €
    1 000 € (libéré 100 %)8 875 € (15 %+25 %)30 €8 955 €17 860 €
    10 000 € (libéré 100 %)8 875 €300 €8 550 €17 725 €
    50 000 € (libéré 100 %)8 875 €1 500 €6 750 €17 125 €
    200 000 € (libéré 100 %)8 875 €6 000 €0 €14 875 €

    Conclusion : entre un capital de 1 000 € non libéré et un capital de 200 000 € libéré, la différence annuelle est de 6 610 €. Sur 10 ans, c'est 66 100 € d'économie.

    Augmentation de capital

    L'augmentation de capital permet de renforcer les fonds propres de la société, d'accueillir de nouveaux associés ou de convertir des avances en capital.

    Les formes d'augmentation

  • Apports en numéraire : émission de nouvelles actions/parts contre versement d'argent
  • Apports en nature : intégration de biens dans le capital
  • Incorporation de réserves : transformation de bénéfices mis en réserve en capital (pas de versement d'argent)
  • Conversion de créances : transformation de comptes courants d'associés en capital
  • Formalités et coûts

    PosteCoût
    Frais de greffe (modification)~200 €
    Annonce légale~150 €
    Commissaire aux apports (si apport nature > 30 000 €)1 500 à 3 000 €
    Accompagnement MBFInclus dans l'offre modification
    Total (augmentation en numéraire)~350 €

    Erreurs fréquentes à éviter

    1.Choisir 1 € de capital : signal désastreux, pas de trésorerie de départ, seuil dividendes SARL à 0,10 €. Minimum recommandé : 500 €.
    2.Ne pas libérer intégralement un petit capital : vous perdez le taux réduit d'IS à 15 %, soit jusqu'à 4 250 €/an de surcoût fiscal.
    3.Fixer un capital élevé sans pouvoir le libérer : un capital de 100 000 € libéré à 20 % signifie que 80 000 € restent « promis ». Les associés sont tenus de verser le solde sur appel de fonds.
    4.Oublier l'impact sur les dividendes en SARL : le seuil de 10 % du capital conditionne les cotisations SSI. Faites le calcul avant de fixer le montant.
    5.Confondre capital social et trésorerie : le capital est une donnée juridique figée dans les statuts. La trésorerie évolue au quotidien. Un capital de 10 000 € ne signifie pas que la société a 10 000 € en banque.

    Checklist dépôt de capital

    1.✅ Définir le montant du capital et la répartition entre associés
    2.✅ Choisir le dépositaire (banque, notaire)
    3.✅ Ouvrir le compte de dépôt au nom de la société en formation
    4.✅ Préparer le projet de statuts (exigé par la banque)
    5.✅ Verser les fonds (virement ou chèque)
    6.✅ Obtenir l'attestation de dépôt des fonds
    7.✅ Joindre l'attestation au dossier d'immatriculation
    8.✅ Après Kbis : présenter le Kbis à la banque pour débloquer les fonds

    FAQ

    Le capital social est-il remboursable ?

    → Non, le capital n'est pas un prêt. Il appartient à la société. Les associés récupèrent leur mise uniquement en cas de dissolution/liquidation de la société (après paiement de toutes les dettes) ou en cédant leurs titres.

    Peut-on augmenter le capital après la création ?

    → Oui, à tout moment, par décision collective des associés. L'augmentation de capital est une modification des statuts qui nécessite des formalités au greffe (~350 €).

    Le capital social peut-il être utilisé pour les dépenses courantes ?

    → Oui, une fois les fonds débloqués après l'immatriculation, le capital fait partie de la trésorerie de la société et peut être utilisé pour financer l'activité (achats, loyers, salaires, etc.).

    Faut-il libérer 100 % du capital à la création ?

    → Non, seul le minimum légal est requis (50 % en SAS, 20 % en SARL). Cependant, la libération intégrale est recommandée pour bénéficier du taux réduit d'IS à 15 % dès le premier exercice. Voir le guide création

    Capital fixe ou variable ?

    → Le capital variable permet de faire entrer/sortir des associés sans modifier les statuts (entre un plancher et un plafond). C'est utile pour les coopératives ou les sociétés avec de nombreux associés. Pour une SASU, EURL ou petite SAS, le capital fixe est plus simple.

    Quel est l'impact du capital sur l'obtention d'un prêt bancaire ?

    → Les banques analysent les fonds propres (dont le capital) pour évaluer la solvabilité. Un capital de 1 € rend quasi impossible l'obtention d'un prêt professionnel. Un capital de 5 000 à 10 000 € est un minimum pour crédibiliser une demande de financement.

    Besoin d'aide ? Créez votre entreprise avec Mon Bureau Formalités149 € HT tout compris, accompagnement du dépôt de capital au Kbis.

    Besoin d'aide pour vos formalités ?

    Notre équipe vous accompagne à chaque étape.